Les bosozoku n'ont pas disparu...

De l’encre coule sans cesse autour d’eux. On a d’abord vu écrire partout qu’il foutait la merde et qu’ils étaient les racailles nippones, aujourd’hui on parle d’eux pour dire qu’ils ont disparu à en croire qu’ils nous manqueraient presque, ou pas. La vraie raison de leur disparition n’est pas celle que l’on croit. Ce n’est ni l’évolution du marché du travail et de l’économie japonaise, ni la fin de la mode des bananes gominés et des grosses cylindrés toutes kittés qui est responsable de la disparition du phénomène. Et non, bande de naïf. Les bosozoku n’ont pas disparu, ils sont juste plus riches.

Qu’est-ce-que vous croyez? Il ne fallait pas s’imaginer que la Honda CB400 serait toujours la coqueluche de tous les délinquants japonais alors qu’on est aujourd’hui en 2015. Et puis on ne nous la fait pas, même les Japonais l’ont compris, les gangs de bikers c’est un truc de ricain de l’après guerre. Il fallait passer à autre chose, les bécanes crasseuses achetées d’occasion  ça fait plus rêver la demoiselle japonaise. Quitte à vraiment faire son loubard et arpenter les rues de Tokyo fièrement, autant le faire avec de quoi être fier justement. Suzuki n’es plus, aujourd’hui les bosozoku roules en Lamborghini.

“Ils roulent en Lamborghini, Ferrari ou Mc Laren. Ce sont les nouveaux bosozoku”

Les Japonais n’ont pas pour habitude de faire dans la demi-mesure, on le sais tous. Les bosozoku, encore moins. Mais aujourd’hui ils ne déconnent plus. Attention, je ne dis pas qu’avant ils étaient des petites frappes! Ils étaient (enfin “ils sont”…on les enterres déjà, c’est mal) tout de même balaises, violents et bien armés. Mais le vent à tourner et maintenant le rendez-vous n’est plus vraiment à la bastonade. L’esprit des bosozoku virils et mal famés reste, mais les points américains et les armes blanches ont été délaissé, pour se contenter de se pavaner avec sa voiture lumineuse qui coûte ce que la majorité de la populace japonaise ne pourrait pas se permettre. Ils roulent en Lamborghini, Ferrari ou Mc Laren. Ce sont les nouveaux bosozoku.

Tokyoyubitsume - Shinichi Morohoshi

“À l’origine de ce mouvement un homme : Shinichi Morohoshi”

À l’origine de cette nouvelle vague : un homme, un caïd qui a certainement du errer plus souvent les caves sombres et poisseuses de Shibuya que les bancs de l’université de Tokyo. Morohoshi-san, de son vrai nom Shinichi Morohoshi. Les rumeurs disent que c’est un yakusa, il en a tout l’air. Rebelle dans l’âme, il a toujours été attiré par le mauvais côté des choses et considère son job comme celui d’être… un délinquant. On peut donc imaginer qu’il n’est pas le salaryman typique. D’abord, bosou en moto, il a aujourd’hui mis de côté les deux roues pour les quatre d’une Lamborghini, mais toujours dans l’esprit d’un bosozoku. C’est à l’âge de 12 ans, après avoir croisé sa première Countach ( modèle de Lamborghini des années 70) qu’il a su, un jour, qu’il aurait sa Lamborghini. Même si pour cela, il doit mener une vie de caïd. Aujourd’hui il roule principalement en Lamborghini Diablo GT…rose. Tout cela il le confit dans le court documentaire qui lui est dédié “Underground hero : Love hate me”. Court métrage réalisé par Luke Huxham.

On pourrais encore en dire beaucoup autour de ce personnage charismatique, mais on pourrait, justement,  tellement en dire qu’une chronique lui sera certainement dédiée sur le site. Appréciez plutôt la vidéo qui suit.

Ça clignote, c’est fushia et moins viril que les bosozoku traditionnels, peut-être mais, qui de vous oserait allé lui dire au père Morohoshi ? Il n’empêche que l’on peut aisément imaginer la quantité d’argent qui doit être issu de ce milieu pour pouvoir avoir de tels engins, surtout pour pouvoir les modifier de cette manière. Alors, on se doute que l’on est plus au stade de simples bosozoku, et qu’il est bien question ici d’une passion issu des bureaux de yak’s. Il n’empêche qu’aujourd’hui ils illustrent une nouvelle génération de bosou, plus riche ça on en est persuadé.

Mais au final est-ce que l’on parle encore de bosozoku ? La frontière est mince entre bosozoku, tuning 2.0, nouveaux riches passionnés de supercars ? Le phénomène semble grandissant au Japon, mais qu’on se le dise ça n’aura ni l’impact, ni la portée qu’on pu avoir les grands gangs de bikers de l’époque. Et puis, avec ces riches bosozoku, on s’approche plus du spectacle et du défilé de belles voitures plutôt qu’à un gros phénomène de jeunes révoltés venus foutre le bordel. Pour ce qui est de l’ampleur des rassemblements, les trois vidéos qui suivent couvrent un évènement en juillet 2014, couvert par la chaîne Youtube japonaise : superSPORTS動画版 .

 


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